Les dossiers de dopage rattrapent inlassablement l’athlétisme français en cette saison 2019. Au tour de Morhad Amdouni d’être suspecté, lui qui avait fait l’impasse sur les Mondiaux à cause d’une blessure, officiellement.

Morhad Amdouni, champion d’Europe du 10 000m l’an dernier à Berlin et bronzé sur 5 000m, avait déclaré forfait pour le marathon des Mondiaux en raison d’une élongation. Difficile d’y croire depuis les révélations choc de nos confrères allemands de l’ARD, qui avaient déjà mis en lumière des scandales de dopage au Kenya ou en Russie. Une conversation WhatsApp sans équivoque, s’adressant à Amdouni, aurait été interceptée en 2017: « Si je n’ai pas mon argent, tu vas le regretter et tu seras perdant, parce que je n’aime pas les personnes qui profitent de moi. Juste pour te rappeler que tu as acheté un pack d’EPO et un pack d’hormones de croissance. Je te le dis encore, je veux mon argent, 150 euros. »

On apprend aussi ensuite que l’informateur de l’ARD a été clairement menacé par des proches d’Amdouni, ceux-ci assurant que des Roumains ou des Russes, même en France et même pour 1 000 euros, étaient prêts à tuer. L’athlète, pour le moment, se contente de nier et de tomber des nues. L’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) a confirmé à L’Equipe qu’elle suivait également l’affaire depuis longtemps: « Nous sommes parfaitement au courant, mais ne confirmons rien. Nous n’effectuons pas un travail de journalistes et n’avons pas la même temporalité. »

Après Calvin, une année difficile

A la Fédération française, le président André Giraud n’a pas tardé à réagir et se montre à peu près dans le même ton, attendant la suite: « Il convient d’être prudent face aux allégations de dopage. Nous n’avons pas été informés d’une potentielle infraction des règles antidopage. Cependant, nous prenons très au sérieux ces informations qui, si elles étaient avérées, seraient graves et nous amèneraient à prendre nos responsabilités. L’éthique et le respect font partie des valeurs prônées depuis toujours par la Fédération. »

Après la tempête Clémence Calvin, l’année 2019 est décidément difficile mais contribue à « faire le ménage », comme l’a apprécié Yohann Diniz sur France 3. Enfin Patrice Gergès, le DTN, est allé un peu plus loin que son président: « Si c’est avéré, c’est plus qu’ennuyeux. S’il y a un doute, on ne peut pas laisser faire ou laisser imaginer qu’on n’agit pas. Chacun est dans son champ, l’AFLD ne va nous donner des informations qu’on n’a pas. Mais ça a presque un côté rassurant: si un blessé en août était venu faire une médaille sur le marathon, ç’aurait été plus gênant. »

http://www.sports.fr/athletisme/articles/la-sale-affaire-amdouni-2594309/

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