Axel Clerget est du genre hyperactif. Le double médaillé de bronze mondial des moins de 90 kilos n’aime pas rester les fesses dans son canapé. Surtout pas quand les Jeux olympiques se profilent dans à peine 127 jours. Le week-end dernier, le natif de Saint-Dizier (Haute-Marne) aurait dû ferrailler sur les tatamis d’Ekaterinbourg (Russie) pour inscrire de précieux points au classement olympique.

Ce tournoi et tous ceux prévus jusqu’à la fin du mois d’avril ont été rayés. Pas d’Insep et pas de club non plus en raison de l’épidémie de coronavirus. Pratiquer le judo dans ces conditions est quasi-impossible. Mais pas la préparation physique tout en respectant les règles de confinement.

Revenu d’une pubalgie, il s’astreint à une grosse journée autour d’un garage qu’il a loué pour un mois dans sa rue. « Il n’y a pas d’électricité mais c’est le minimum pour respecter les consignes et continuer à suivre le rêve olympique tout en pensant aux personnels de santé qui sont engagés en première ligne », retient Clerget, également kinésithérapeute.

Il a récupéré du un rameur, une machine à ski et de quoi se fabriquer une petite salle bien équipée. Sa journée commence à 10h par une séance de mobilité. Spécialiste du judo au sol, Clerget répète des habilités techniques pour libérer ses hanches, ses jambes, ses épaules. Quelques étirements avant d’enchaîner deux heures de musculation concoctées par Mathias Ricard, préparateur physique de l’équipe de France de judo et du club de Clerget, Sucy-en-Brie.

Aucune visibilité sur la reprise des tournois

Repas, sieste à son domicile, toujours pas loin de son fils, né il y a quelques mois, Liam: « En étant tout seul, je vais chercher la motivation au fond de moi, j’aime ça », sourit-il. Rebelote l’après-midi avec une heure de cardio ou de rééducation pour sa pubalgie. Actuellement 13e mondial au classement olympique des moins de 90 kilos, Clerget – comme les autres athlètes de l’équipe de France – n’a de visibilité sur la reprise des tournois. La deadline pour être placé dans les 18 premiers mondiaux de sa catégorie a glissé de fin mai à fin juin. Nul doute que si les tournois sont de retour à la fin du printemps, la bataille sera sauvage avec beaucoup de compétiteurs sur le tatami, pour gratter quelques points; gagner quelques places dans les rankings ou finaliser leur préparation. En attendant, il faut s’entraîner.

Pas de judo pour le moment. Très vite, il répétera ses techniques favorites à vide. Clerget peut compter sur Christophe Massina, son entraîneur référent en équipe de France. Cet ancien moins de 73 kilos s’est formé à l’hypnose et travaille la visualisation mentale avec Axel l’après-midi via l’ordinateur. Le travail est complété avec Meriem Salmi, psychologue et psychothérapeute qui accompagne de nombreux sportifs français. « Je n’ai pas le temps de m’ennuyer avec ça. » A voir les vidéos de différents athlètes sur les réseaux sociaux, personne n’a l’air de se tourner les pouces. Le temps passe et chaque entraînement perdu ne se rattrape pas.

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