L’histoire de Siya Kolisi a des allures de conte de fées. Premier joueur noir à porter le brassard de capitaine des Springboks dans un pays où le rugby revêt une intense teneur symbolique post-Apartheid, le troisième ligne de 28 ans a mené l’Afrique du Sud au sommet samedi, avec une victoire finale contre l’Angleterre (32-12) synonyme de troisième titre mondial

« Vous ne jouez plus pour vous même, vous jouez pour tout le monde à la maison », voici les mots adressés par le coach Rassie Erasmus à ses joueurs, comme rapportés par son capitaine à l’AFP. Des gens à la maison et dans le stade. Le père de Siya Kolisi était présent à Yokohama pour l’occasion. Un événement à plus d’un titre. 

Une opération commando réussie

Comme le raconte le Daily Mail ce dimanche, Fezakel Kolisi n’avait tout simplement… jamais pris l’avion de sa vie et n’avait même pas de passeport. Ce qui ne fut pas sans poser de problème. S’est donc montée une opération commando autour du staff sud-africain, pour pouvoir faire en sorte que cet ancien joueur de rugby (centre) puisse être acheminé à temps au stade et assister à la finale, sans problème de papiers. 

« J’ai discuté avec le team management de l’Afrique du Sud. Ils avaient 26 heures pour faire en sorte que le père de Kolisi prenne l’avion depuis son township jusqu’à Yokohama. Il n’avait pas de passeport et n’avait jamais pris l’avion. Ils ont tout organisé et il était là à temps pour voir son fils soulever le plus beau de tous les trophées« , raconte le commentateur anglais Sean Maloney. Il était donc en tribune, avec ses deux petits-enfants.

Une enfance difficile

Né dans le quartier pauvre de Zwide, en banlieue de Port Elizabeth, Siya Kolisi a été élevé par sa grand-mère, ses parents étant très jeunes au moment de sa naissance. Un milieu modeste, avec le rugby pour échappatoire. Sur des terrains boueux d’abord, puis en école privée après avoir été repéré par un entraîneur et bénéficié d’une scolarité sans frais.

Comme le racontait la BBC samedi, il n’avait que 16 ans au moment du sacre des Boks contre les Anglais en 2007 et avait regardé le match dans un bar du township, faute de posséder une télévision. Douze ans plus tard, le voici en héros d’une Afrique du Sud qui cherche encore à écrire les belles lignes de son histoire post-Apartheid.

« J’ai envie de célébrer avec mon père, confiait Siya Kolisi après la victoire en finale. Je voulais le faire pour lui. J’espère que mon frère et ma soeur (demi-frère et demi-soeur, qui vivent avec lui depuis le décès de leur mère à tout les trois ndlr) en profitent aussi. J’aurais aimé qu’ils soient ici. » Pour partager, en plus d’une page de sport, un moment d’histoire.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coupe-du-monde-la-belle-histoire-du-pere-de-kolisi-qui-a-pris-l-avion-pour-la-premiere-fois-1799162.html

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