14h04 (7h04 heure française). Les deux bus du staff et des joueurs prennent la route et quittent le Nikko Oasis Tower hôtel. L’avion vers Paris les attend en fin de soirée à Tokyo (22h55), pour une arrivée dans la nuit à Roissy. Auparavant, la délégation est descendue dans le hall de l’hôtel au compte-goutte. La nuit a été courte. Dans l’intimité de la résidence des Français, à l’abri des regards extérieurs, on a refait le match, refait la préparation et refait cette aventure XXL. « On s’est rassemblé tous ensemble, on a bu des verres, dit le 3e ligne Charles Ollivon. Nous avons encore un repas en commun demain à Marcoussis. La frustration est toujours là et ça risque de durer quelques jours. »

Et il fallait l’expulser. Ce lundi, les regards sont encore quelque peu hagards. Le capitaine Guilhem Guirado, les traits tirés, satisfait à des obligations médiatiques. Jean-Baptiste Elissalde et Laurent Labit se refont les moments-clés du match, comme cette action de la 69e minute, où Virimi Vakatawa emporte Dan Biggar et que le demi de mêlée gallois Gareth Davies vient impunément se coucher sur le ballon, sur le côté du regroupement. Non loin d’eux, Fabien Galthié est là, dans ses pensées. Bernard Laporte, le président de la Fédération Française de Rugby, restera lui à Tokyo ce lundi soir, pour rencontrer le président de World Rugby, Bill Beaumont. Et sans doute évoquer la photo de Jaco Peyper avec des supporters gallois qui fait polémique… En attendant, il pousse un chariot de valises.

C’est déjà demain

Le 2e ligne Sébastien Vahaamahina traverse le hall avec la sienne. Les caméras se braquent évidemment vers l’homme qui a laissé les Bleus à 14 à la 49e minute. Ses coéquipiers sont, eux, passés à autre chose. « Nous n’avons pas parlé à nouveau de ça à Seb cette nuit, ajoute Ollivon. Il s’est passé des choses pendant le match, c’est comme ça. » Du bout des lèvres, le talonneur Camille Chat relativise : « Nous sommes déçus de sortir de cette façon. Je pense qu’on méritait mieux. On a tous bossé pour ça mais c’est le sport… »

Et c’est déjà demain. Dans ce groupe, beaucoup de jeunes devront prendre les clés du camion. « Moi je suis optimiste pour la suite, dit Ollivon. Le Tournoi va très vite arriver. Il faudra être prêt. » « Oui, je suis optimiste, renchérit Chat. Il y a une bonne génération qui arrive, des doubles champions du monde et on n’a pas à rougir face aux autres nations. Il faut juste qu’on travaille dans de bonnes conditions et dans la même direction. » En tirant profit de l’immense expérience acquise dans cette Coupe du monde.

« Nous sommes une bande de copains et ça, ça n’a pas d’égal »

« C’est une bonne expérience humaine et personnellement, je ressors plus grand, avec plus d’expérience. Ça fait murir, réfléchir. Il y a eu des moments de joies et des moments de doutes, de grands moments aussi et c’est ce que je retiendrai toute ma vie. Et je ferai tout pour rester en équipe de France et pour porter ce maillot le plus longtemps possible » conclut le talonneur. Il sera assurément candidat à la succession de Guirado à ce poste et un des potentiels leaders de ce groupe France. Pour le moment, il se dit content de pouvoir bientôt aider ses coéquipiers du Racing, mal en point au classement en championnat.

Raka, Le Roux, puis le sélectionneur Jacques Brunel, les derniers membres de la délégation rejoignent les deux bus. Maxime Médard, Yoann Huget et Guilhem Guirado n’en finissent plus de signer des autographes et de faire des photos avec les quelques dizaines de Japonais présents pour les adieux. Une fois dans le bus, c’est la fin de l’aventure. Qui aura marqué Charles Ollivon : « Je veux retenir le positif. C’était mon rêve de participer à cette coupe du monde, ça s’est réalisé. C’était magique. Des moments à part. L’aventure, c’est ce que je garderai de ces quatre mois. Nous sommes une bande de copains et ça, ça n’a pas d’égal. » Les potes, après un peu de repos, ont maintenant quatre ans, de Tournois des VI Nations en Tournées (les Bleus iront en Argentine, Australie et Japon lors des trois prochaines tournées d’été), jusqu’à la Coupe du monde en France, pour transformer cette amitié en gloire.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/coupe-du-monde-les-coulisses-des-dernieres-heures-des-bleus-au-japon-1791075.html

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