Gérer la pression à domicile

Depuis le mondial 1986, la France n’a plus accueilli de grande compétition internationale. C’était l’époque du « commando » avec Fabiani, Blain, Bouvier, et déjà Laurent Tillie, l’actuel coach des Bleus. Plus loin encore, le dernier Euro organisé en France date de 1979 (la France avait fini quatrième). Depuis, plus grand chose, hormis la phase finale de la VNL (Volley Nations League) à Lille en 2018. Les Français sont donc souvent contraints de jouer les grands tournois à « l’extérieur ».

Cette fois, ils sont enfin chez eux et devant leurs proches. Une nouveauté à laquelle il faudra s’adapter. « C’est comme un cadeau qui vient récompenser nos bons résultats depuis quatre-cinq ans, se réjouit Earvin Ngapeth. Mais il faut faire abstraction de tout ça et rester concentrés. »

« Je suis super content de jouer devant mes amis et ma famille, clame Jénia Grebennikov, mais il faut rester dans notre bulle. » Laurent Tillie souligne que « cela fait 33 ans qu’on attendait ça, c’est fort de jouer en France ». Un avantage qui n’en est pas forcément un, car jouer à la maison rime rarement avec champion. Sur les dix derniers championnats d’Europe, seule l’Italie a réussi à être couronnée à domicile, en 2005 à Rome.

Un public à conquérir

La pression du public ne devrait pas être un trop gros poids pour les Bleus sur le premier tour. Entre 3.000 et 4.000 personnes sont attendues pour les trois premiers matchs (Roumanie, Grèce et Portugal), avant une montée en puissance contre la Bulgarie et l’Italie en début de semaine prochaine.

L’Arena de Montpellier risque de sonner creux sur le début de l’Euro. Une déconvenue populaire qui agace les joueurs. « Ce manque d’engouement nous désole, on en est les premiers touchés mais nous les joueurs, on ne peut pas maîtriser cela », constate Jylien Lynneel, le réceptionneur-attaquant.

« Les joueurs de l’Equipe de France viennent pour l’amour du maillot et parce qu’ils ont cette flamme. C’est vrai qu’à un moment donné, cette flamme, il faut l’accompagner », souligne Laurent Tillie. La Fédération est, à juste titre, pointée du doigt par les joueurs. Toute l’année, ils évoluent à l’étranger dans des ligues professionnelles structurées et dans des salles souvent pleines en Italie ou Pologne. Pour la promotion et la grande fête du volley, il faudra repasser!

Soigner les bobos de la star Ngapeth

La France sera privée de sa star Earvin Ngapeth entre trois et cinq matchs. Le joueur le plus populaire des Bleus s’est blessé à l’échauffement lors du dernier match de préparation contre l’Allemagne le 7 septembre. Verdict de l’IRM passé en début de semaine: une lésion intercostale. S

i le staff médical se veut optimiste, cette blessure n’est pas sans rappeler celles subies par Ngapeth lors de l’Euro 2017 (dos) et du mondial 2018 (abdominaux). Sans sa pièce maîtresse, l’équipe de France avait plafonné à des décevantes neuvième et septième places. Laurent Tillie a dû rappeler Thibault Rossard, qui venait de rejoindre son nouveau club du Fenerbahçe, pour renforcer le poste de réceptionneur-attaquant. Ngapeth devrait être définitivement opérationnel pour les matchs-couperets à Nantes.

Un premier tour crescendo

Contrairement au Tournoi de qualification olympique en Pologne en août dernier, où la France avait été contrariée par un calendrier et des horaires insolites, les Bleus bénéficient d’un premier tour aux petits oignons. Roumanie, Grèce et Portugal en apéritif avant d’espérer croquer la Bulgarie et surtout l’Italie, pour la première place du groupe.

Une montée en puissance utile pour acquérir de la confiance et poser les bases du jeu français pour les matchs à élimination à Nantes (huitième et quart de finale). Ensuite, il sera l’heure de croiser le fer avec les favoris de l’Euro: la Pologne qui a « détruit » la France au dernier TQO (défaite 3-0) et la Russie, championne d’Europe en titre, s’annonce toujours aussi redoutable.

Voir Paris et le dernier carré

La route vers Paris, où se tient une demi-finale finale et la finale, semble semée d’embuches. Avant de jouer à l’Accor Hotel Arena pour la demie, la France devra surmonter deux matchs à la vie à la mort en huitième et en quart de finale.

Venir à Paris est l’objectif a minima pour les volleyeurs français. Souvent favoris ces dernières années, ils restent sur des échecs (Euro 2017, Mondial 2018, TQO 2019) et ont perdu un peu de leur folie de 2015. Cette année-là, la France avait réussi l’exploit de remporter conjointement la Ligue mondiale et l’Euro. Retrouver, à la maison cette fois, l’envie et l’insouciance, voilà peut-être le plus gros défi de cette équipe.

https://rmcsport.bfmtv.com/volley/equipe-de-france-cinq-cles-pour-un-euro-de-volley-reussi-a-la-maison-1765758.html

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