Les images ont beaucoup fait parler dans le milieu, et même au-delà. Et la réaction du principal intéressé était attendue. Au cœur des discussions depuis samedi et l’événement UFC on ESPN 11 à Las Vegas, durant lequel il a répété neuf fois sa volonté d’arrêter son combat contre son compatriote Austin Hubbard entre les deuxième et troisième rounds alors que son coach le poussait à continuer, l’Américain Max Rohskopf a pris la parole pour le site MMA Fighting. Avec la volonté d’apporter son soutien à Robert Drysdale, ce coach pointé du doigt par beaucoup après cet épisode mais qui a expliqué qu’il le « ferai(t) encore si c’était à refaire ». 

« Ce mec m’a donné un toit »

« Les gens disent ça mais pour moi, il n’y a pas de débat: je suis celui qui le paie et c’est ce que je voulais qu’il fasse, rappelle le combattant invaincu (5-0) avant ses débuts à l’UFC ce samedi. C’est ce que j’attendais qu’il fasse et si j’étais à sa place dans un coin, c’est ce que je ferais aussi. Rob a fait le bon truc comme il a toujours été bon pour moi. Ce mec m’a donné un toit quand j’avais besoin d’un endroit pour dormir, pour ne pas avoir à vivre dans ma voiture. Je ne voulais pas faire du MMA avant de taper à sa porte. Je lui avais dit: ‘J’ai besoin d’aide et je veux que tu m’entraînes’. Il n’a fait rien d’autre que d’être là pour moi et de faire tout son possible pour moi. »

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Conscient des proportions prises par leur échange télévisé, l’ancien lutteur universitaire – qui a supprimé ses comptes sur les réseaux sociaux dans la foulée de sa défaite pour se protéger – a appelé son coach dès dimanche pour s’assurer qu’il ne vivait pas trop mal les critiques. « Cette conversation était difficile car je sais le temps et les efforts qu’il m’a consacrés. C’est la principale raison qui fait que j’en parle, car il ne mérite pas tout ça, estime Rohskopf. Il mérite juste des louanges pour m’avoir aidé à arriver là et avoir fait tout ce qu’il pouvait pour quelqu’un qui lui a juste demandé de l’aide, et sans rien attendre en retour. Il croit en moi. » 

« C’est ma faute et seulement ma faute »

Celui qui avait débuté sa carrière dans les organisations Final Fight Championship et Titan FC précise aussi qu’il était « tout proche » de retourner dans le ring après l’échange avec son coach: « Si le représentant de la commission athlétique n’était pas là, je pense qu’il m’aurait convaincu d’y aller et qu’on n’aurait pas cette conversation ». Alors qu’il a accepté cette première à l’UFC quelques jours seulement avant l’événement et qu’il n’a pu « (s)’entraîner fort que deux jours » avant ce combat, sans oublier « quelques blessures » qui l’ont empêché de « (s)’entraîner aussi fort qu’(il) l’aurai(t) voulu » les semaines précédentes, le garçon considéré comme un bel espoir de la discipline ne veut mettre la faute sur personne d’autre que lui. En mode j’assume.

« Je voulais être ce gars qui vient combattre quelles que soient les circonstances, qu’il ait eu un camp d’entraînement ou non, car je pense qu’on en fait trop là-dessus, et je croyais que j’étais prêt, lance-t-il. Mon manager a eu raison d’accepter ce combat. Il est dans ce sport depuis longtemps pour voir si quelqu’un a le talent et les qualités pour le faire. Je me suis entraîné autour de gens qui ont été champions du monde dans différentes disciplines, kickboxing, boxe, jiu-jitsu, MMA, et tous ceux qui m’ont vu à l’œuvre savent que je les ai. Je ne l’ai juste pas montré samedi. C’est ma faute et seulement ma faute, personne ne doit être blâmé pour ça. »

« Beaucoup de problèmes mentaux à régler »

Rohskopf va jusqu’à admettre, chose rare chez un combattant, qu’il a « beaucoup de problèmes mentaux à régler » pour continuer à aller de l’avant dans son sport. « Je sais que je suis à mon meilleur en restant calme, en comprenant tout ce qui arrive. Une fois que je perds ça, c’est mon talon d’Achille. Je l’ai fait toute ma vie. Je me boycotte moi-même. C’était le cas en lutte au lycée et à l’université, où j’aurais pu atteindre des sommets mais que je ne l’ai pas fait. Je me disais, pour je ne sais quelle raison, que je ne méritais pas d’être là. C’est ce qui s’est passé dans ce combat. Les choses se sont corsées et j’ai regardé mon coach pour lui dire: ‘Je ne veux plus être là’. Ce n’est pas ça, c’est juste que je ne pensais pas que je méritais d’être là. »

Il affirme aussi avoir pensé ça très tôt dans le combat, bascule mentale qui lui a coûté cher. « Les gens qui me connaissent le comprendront: je suis tellement ambitieux que je ne suis presque jamais heureux. J’essaie toujours de faire mieux, de m’améliorer, et ma faiblesse est que je vais parfois m’échapper quand les choses ne tournent pas comme j’avais imaginé. Dans ce combat, j’ai eu beaucoup d’émotions que je n’ai pas encore bien analysées. » Reste à savoir si l’épisode peut signifier la fin d’une carrière qui débutait à peine à vingt-cinq ans. « Je dis toujours à mes élèves que les grandes choses ne sortent pas de la facilité, explique-t-il. Cette merde est difficile mais ça ne va que me rendre meilleur. C’est à moi de prendre ces leçons et de bien les exploiter. Je pense que j’aurai une nouvelle chance à l’UFC. » Et si l’organisation lui fermait la porte? « Je serais d’accord avec ça aussi », répond-il. Cette première ratée et analysée par beaucoup pourrait aussi bien être l’étincelle pour la suite que le rideau sur ses plus grandes ambitions. 

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