C’est le premier chantier de Bill Beaumont et son équipe. Elu début mai à la tête de World Rugby, l’Anglais doit gérer la question de l’harmonisation du calendrier entre les hémisphères, un vieux serpent de mer. L’idée de la fédération internationale est d’étaler la saison entre octobre et juillet, en débutant avec les tournées « automnales », puis avec les championnats domestiques de décembre à l’été. Avec entre-temps une parenthèse pour les compétitions internationales, comme le Tournoi des VI Nations et le Rugby Championship, en mars-avril-mai.

« Il est question de sauver des fédérations »

« Il y a des discussions entre les VI Nations et la Sanzaar (qui organise les compétitions de l’hémisphère sud: Super Rugby et Rugby Championship), pour voir si on peut aligner les planètes. Quand le sud joue des matchs internationaux, que le nord joue aussi. On ne peut plus faire des tournées. Ils viennent en novembre en laissant la moitié des joueurs au repos et nous on fait la même chose en juin ou juillet », a expliqué ce dimanche Bernard Laporte, nouveau vice-président de World Rugby, sur RTL.

Pour lui, l’objectif doit être de « faire en sorte que des fédérations ne mettent pas les clés sous la porte ». « La dernière fois en Nouvelle-Zélande, quand on a annoncé qu’on venait sans Guilhem Guirado (en mai 2018), le président de la fédération m’a dit que c’était terrible, qu’il vendait l’équipe de France en droits TV mais que ce n’était pas vrai. Tout ça ne peut plus fonctionner. Il y a une revue des choses qui va se faire, avec tous les artisans du rugby. Les clubs français, anglais… C’est ensemble qu’on va construire le futur calendrier. Il n’est pas question d’imposer des choses à qui que ce soit, mais il est question de sauver des fédérations. C’est une évidence », a insisté Laporte.

« Il faut créer le rugby de demain »

Parmi ses idées, le président de la fédération française de rugby a déjà évoqué son projet d’une Coupe du monde des clubs, qui aurait lieu chaque année, hors fenêtres internationales, et se déroulerait sur une période de six semaines. Laporte se dit convaincu qu’il y a « des compétitions à créer ». « J’en ai parlé avec certains présidents du Top 14 qui me disent que c’est fabuleux. Il faut créer le rugby de demain. Le rugby d’aujourd’hui est en difficulté. Les clubs français, si on enlève les cinq, six milliardaires qui tiennent les plus grands clubs, comment ça se passe? Il ne vit pas de son économie. A Toulouse oui, mais dans cinq, six clubs, le rugby vit avec des passionnés. Le jour où ils se retirent, il n’y a plus de rugby », a-t-il détaillé sur RTL, convaincu que « ce sport va mourir » s’il ne se réinvente pas.

« Regardez la Nouvelle-Zélande, en difficulté financière. L’Australie, l’Afrique du Sud aussi me dit-on alors qu’ils sont champions du monde… Il va falloir créer des compétitions qui génèrent de l’argent, que tout ça soit viable, rentable », a-t-il ajouté. Organiser de nouvelles compétitions pour relancer l’économie du rugby et pour, aussi, faire revenir le public dans les stades. « Ça fait dix ans qu’on ne remplit plus les stades en novembre quand on reçoit l’Afrique du Sud et l’Australie, a reconnu Laporte. On ne les remplit que quand on joue les All Blacks. Ce n’est pas possible. C’est la même chose quand on va dans l’hémisphère sud. »

Ce projet de nouveau calendrier mondial sera abordé le 15 juin par World Rugby lors d’une réunion très attendue.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/laporte-explique-le-projet-de-nouveau-calendrier-pour-creer-le-rugby-de-demain-1924291.html

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