C’est Nate Diaz, combattant légendaire et fumeur assumé, qui va être content… L’agence antidopage américaine (USADA) a annoncé une évolution significative du programme antidopage de l’UFC, rétroactive au 1er janvier, qui a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux ces dernières heures: les combattants positifs au cannabis, et pour être plus précis au THC, sa principale substance psychoactive, ne seront plus punis!

Jusque-là, les athlètes étaient seulement testés « en compétition », autour du combat, mais se voyaient attribuer une violation des règles antidopage s’ils dépassaient le seuil fixé, qui était de 180 nanogramme/millilitre. Ce ne sera plus le cas « sauf si des preuves montrent que la substance a été prise pour améliorer ses performances ». 

« Si un combattant arrive dans les vestiaires le soir du combat avec des yeux injectés de sang… »

Une décision en partie basée sur un rapport du Department of Transportation remis au Congrès américain en 2017 qui avait expliqué qu’on ne pouvait pas définir un seuil de taux de cannabis dans le sang ou dans l’urine au-delà duquel la détérioration de la conduite était certaine, chaque corps réagissant différemment à cette substance. « Comme tout ce qu’on fait dans ce programme, c’est basé sur la science, explique le vice-président pour la santé et la performance des athlètes pour l’UFC, Jeff Novitzky, au site MMA Fighting. Surtout en cette époque de pandémie où on a eu des problèmes avec des combattants qui ont accepté des combats à la dernière minute et qui ont fini avec un test positif au cannabis en compétition. Cela a accéléré notre vision sur ce thème. »

Un regard encore renforcé par des recherches de l’USADA ayant prouvé que dans de nombreux cas positifs « la présence du THC était résiduelle et ne permettait pas d’améliorer les performances ou ne détériorait pas l’état du combattant ». Un blanc-seing pour fumer ses joints tranquille? Ce n’est pas aussi simple que ça. Novitzky donne un exemple parlant: « Si un combattant arrive dans les vestiaires le soir du combat avec des yeux injectés de sang, qu’il sent le cannabis et qu’il n’articule pas bien, qu’il y a des preuves qu’il a pris du cannabis récemment, cela rentrerait comme facteur d’amélioration des performances car il ne serait pas dans son état normal pour combattre ».

La menace des commissions athlétiques

Autre nuance de taille: les athlètes de l’UFC continueront d’être testés pour le cannabis par les commissions athlétiques locales à travers la planète et pourront donc être punis par ces dernières s’ils sont positifs. La commission athlétique du Nevada (Las Vegas), où l’UFC devrait encore tenir la majorité de ses combats dans les prochains mois, a par exemple toujours un seuil fixé à 150 ng/ml et pourra comme c’était le cas jusque-là donner des sanctions s’il est dépassé. « Je ne veux pas que le message transmis à nos athlètes soit qu’ils sont désormais libres de faire ce qu’ils veulent », confirme Novitzky. L’UFC et l’USADA vont toutefois pouvoir travailler avec les différentes commissions athlétiques pour démontrer le bien-fondé de cette décision et tenter de les influer à modifier leur législation.

Celle de Californie, déjà très progressiste sur le sujet puisqu’un contrôle positif au cannabis ne donne lieu qu’à une amende, semble ainsi « enthousiaste » et « intéressée » dixit Novitzky. Qui comprend bien pourquoi il serait plus logique de laisser des athlètes utiliser le cannabis plutôt que certains médicaments autorisés… mais plus dangereux: « Certains qui consomment du cannabis m’appellent quelques semaines avant un combat et me demandent: ‘Jeff, quand est-ce que je dois arrêter pour être sûr d’être en-dessous du seuil autorisé?’ Dans certaines de ces histoires, ils me disent: ‘J’ai choisi le cannabis à la place des opioïdes pour la gestion de la douleur, à la place du Xanax pour gérer mon anxiété ou à la place de l’Ambian pour pouvoir dormir car je suis trop nerveux avant un combat’. Cela me dérangeait beaucoup de voir que les règles de l’antidopage envoyaient ces combattants vers des médicaments plus dangereux mais pas interdits. Je me sentais très mal quand je devais leur donner cette information. On préfère qu’ils n’utilisent rien mais l’échelle du danger et de l’addiction, le cannabis est bien plus bas que les opioïdes, le Xanax ou l’Ambien. » En protégeant les athlètes tout en suivant les découvertes de la science sur certaines substances, l’UFC et l’USADA montrent qu’elles savent s’adapter et faire les changements qui s’imposent. Mais Nate Diaz devra tout de même faire attention au(x) moment(s) où il fume. 

https://rmcsport.bfmtv.com/boxe/le-cannabis-autorise-pour-les-combattants-ufc-pourquoi-ce-n-est-pas-si-simple-2029095.html

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