L’ampleur de la débâcle subie à Twickenham, et l’absence de révolte, interrogent sur le degré d’adhésion des joueurs du XV de France au discours de leur sélectionneur Jacques Brunel et de son staff.

Il y avait eu le sinistre match nul (23-23), concédé face au Japon à l’automne 2017 et qui scella le sort de Guy Novès. Il est encore trop tôt pour savoir si la raclée du siècle, subie dimanche, à Twickenham, par les Bleus de Brunel, balayés (44-8) par le XV de la Rose, aura raison ou non de son successeur, auquel Bernard Laporte a garanti de poursuivre sa mission au moins jusqu’à la Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre).

Mais dès l’issue du match face aux Anglais, au cours duquel l’absence de réponse tactique de la part de Guirado et de ses partenaires s’est doublée d’une absence totale de révolte, on a deviné dans le discours de plusieurs Tricolores une forme de désaveu à l’égard de Jacques Brunel et de son staff. Au milieu du terrible constat d’impuissance perçait à demi-mots ce souci d’assumer certes ses responsabilités, mais aussi d’impliquer un encadrement, qui à l’évidence n’offre plus de solutions dignes de ce nom à ses joueurs.

Parra écoeuré       

« C’est sûr qu’on est les premiers fautifs, nous, les joueurs, puisque nous sommes sur le terrain, convenait ainsi Camille Lopez au micro de France 2, avant d’ajouter : Mais je pense qu’il n’y a pas que nous et on n’est pas tout seul dans ce naufrage. » Suivez mon regard…

Et que ces allusions se retrouvent dans la bouche des deux joueurs de la charnière, censés incarner un projet de jeu, inexistant dimanche, donne encore plus de poids à de telles confidences. La performance d’un Morgan Parra, totalement incapable de répondre au fameux « kicking-game » anglais, faisait peine à voir. L’analyse du demi de mêlée clermontois dans la foulée de cette humiliation, à la fois collective et personnelle, portait cette mise en cause du sélectionneur comme de ses adjoints.     

« Les Anglais font des choses simples, mais très bien. Est-ce qu’on en est capables ? Je ne sais pas. Je pense qu’on ne le travaille pas assez, même pas du tout. Après, je ne pense pas qu’on ne sait pas le faire« , expliquait-il, cité par L’Equipe. Au contraire, on est capables de le faire. Maintenant est-ce qu’on le travaille ? Non« , a-t-il avoué sans détour. On le devine accablé, mais il ne peut pas non plus outrepasser son statut: « J’essaie de rester dans mon rôle. Je suis joueur et ce n’est déjà pas facile. » (…) « Simplement, l’Angleterre est une équipe en place, qui sait où elle va. Nous, aujourd’hui, on n’est pas sûrs de notre jeu. Il faut se remettre en question individuellement. Tout le monde. Tous, de A à Z. » Brunel, comme Bernard Laporte, se sont-ils seulement sentis visés ? Une nouvelle démission collective face à l’Ecosse dans quinze jours signerait pour de bon le divorce.

http://www.sports.fr/rugby/xv-de-france/articles/xv-de-france-les-bleus-ont-ils-lache-le-staff-2391239/

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