Mathieu, la victoire de Castres face à Toulouse et votre deuxième mi-temps notamment, vous a un peu réveillé en quelque sorte ?

Je ne sais pas si elle nous a réveillés, mais en tous cas elle nous a fait beaucoup de bien. Vraiment, j’ai senti à la fin du match que les mecs étaient soulagés. C’était vraiment… (Il souffle fort) Elle nous a vraiment fait du bien cette deuxième mi-temps. Et remporter ce match à Castres, surtout face à Toulouse, qui reste un derby pour nous et pour les gens… La semaine d’avant était off pour le groupe et je suis allé sur un tournoi avec les petits. Et les gens me disaient : « Il reste quatre matchs, mais surtout, Toulouse, Toulouse hein ?! ». Donc c’est vrai que c’est un match particulier et le fait de l’avoir remporté, notamment de mettre un 20 à 0 en deuxième mi-temps à cette belle équipe de Toulouse, qui nous a mis à mal en première période, il ne faut pas l’oublier quand même, nous a fait beaucoup de bien oui, c’est vrai.

Votre manager Christophe Urios a dit : « J’ai retrouvé mon équipe ». C’est quoi cette équipe dont il parle ?

(Il prend le temps de réfléchir) C’est une équipe qui ne lâche rien, qui donne tout, qui prend plaisir à défendre, à batailler ensemble. On a un jeu qui est dur, ça a toujours été comme à Castres. Christophe (Urios) nous l’a inculqué : le jeu d’avants, la pression. On est comme ça, c’est notre ADN. Donc c’est vrai que ça fait du bien de se retrouver sur ces bases-là et surtout lors de ce match-là. Maintenant, c’est à nous de garder ça, d’impulser une nouvelle dynamique et de casser cette mauvaise spirale qui était autour de nous. Notamment le non-match à Montpellier.

Ces sept dernières années, le Castres Olympique n’a loupé qu’une fois les phases finales du Top 14. Serait-ce une contre-performance de ne pas se qualifier cette saison ?

Bien sûr. Parce qu’on rêve, et c’est l’objectif maintenant, de rentrer dans les six. Ce serait une contre-performance et tout le monde serait déçu. Que ce soit le groupe, le club et les supporters. Donc à nous de tout faire pour y figurer. 

Tu as rejoint ce club très jeune (10 ans) et tu as fait toute ta formation ici. C’est « ton » club ?

Je ne peux pas dire que c’est mon club. Parce qu’un jour, soit j’arrêterai ici, soit je partirai. Les joueurs, nous ne sommes là qu’un temps et après, on s’en va. Mais c’est vrai que j’ai un attachement particulier avec le Castres Olympique. Je lui dois tout. C’est le club qui m’a formé, qui m’a lancé en tant que professionnel. Le club qui me permet d’être vice-capitaine aujourd’hui, qui m’a fait goûter aux Babaas, à l’équipe de France. Et en plus, j’ai toute ma famille qui est ici, mes proches hors du rugby… Donc j’ai un lien particulier, oui.

C’est ce qui t’as poussé à signer quatre ans de plus, une durée conséquente ?

Oui, bien sûr, ça a pesé forcément dans mon choix. Le fait d’être très proche de ma famille a été le gros point positif pour moi. Car je suis très attaché à ma famille. Mon petit frère, ma petite sœur et ma mère aussi, qui vivent près de moi. Et c’est vrai que c’est important parce qu’on a un lien très fort entre nous. Et après, sur un plan rugby, Christophe (Urios) m’a donné ce rôle de vice-capitaine donc je ne ressentais pas le besoin de partir. Je me sens bien ici, épanoui, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Donc je n’avais aucune raison de partir. Le club me fait confiance donc je rends la pareille quelque part.

Quand tu dis que tu as des liens très forts avec ta famille, c’est que tu es très « famille » ou qu’il y a des particularités ?

Je suis très « famille »… (Il pousse un soupir) C’est vrai que mon histoire est assez atypique. J’ai des parents qui sont séparés, j’ai un demi-frère et une demi-sœur qui ne voient plus leur père aussi… J’ai une histoire qui est un peu particulière. On est quatre et avant de prendre une décision, je leur pose la question. Que ce soit à mon petit frère ou à ma petite sœur, j’aime bien avoir leur avis. Je suis très proche d’eux et oui, c’était important pour moi.

Tu es le chef de famille ?

Pas le chef de famille, mais c’est vrai que j’ai eu ce rôle-là auprès de mon petit frère et ma petite sœur et je suis souvent présent pour eux. Mon petit frère est à l’armée donc ce n’est pas non plus évident. Par exemple, il est rentré aujourd’hui (l’entretien s’est déroulé mardi, ndlr), j’ai déjeuné avec lui et il avait les larmes aux yeux. Donc quand tu pars à l’entraînement, tu as un peu la boule au ventre. Donc je suis très famille et par rapport à ça, le club de Castres me correspond.   

Et quand tu leur as parlé de ton avenir, ils t’ont dit de rester à Castres ?

(Il rigole) Oui. Pour être sincère avec toi, oui ! C’était leur souhait à eux, que je reste ici. Parce qu’ils font leurs études ici ou sont à l’armée et ils prennent plaisir à venir me voir au match.

Tu es devenu international cet hiver. Ça change quoi ?

Pas grand-chose en soi. Mis à part que ça m’a rempli la tête de beaucoup de questions. Comment y retourner ? Qu’est-ce que je dois bosser ? En quoi dois-je progresser ? Et puis ça m’a boosté, ça me donne faim, ça me donne envie de me donner à fond pour le club, de bosser encore plus et de prendre les mecs avec moi et de dire que tout est possible. Parce que je n’étais pas prévu pour les Barbarians et ça m’a souri, ça s’est bien passé. L’équipe de France, c’est pareil, je n’étais pas prévu et j’ai eu la chance de pouvoir jouer. Donc pourquoi pas d’autres mecs qui sont ici. Puis ça me pousse à aider les autres encore plus.

Tu as aimé ces minutes sur le terrain au Millennium de Cardiff, avec une entrée à la 26e minute en remplacement de Yacouba Camara ?

(Large sourire) Qui n’aimerait pas ? J’ai apprécié, je me suis rendu compte du niveau d’exigence aussi. Donc pourquoi pas une prochaine fois.

Surtout qu’il y a un évènement l’année prochaine…

Il y a un très gros évènement avec la Coupe du monde. Mais il y a aussi une tournée en Nouvelle Zélande cet été, les Barbarians aussi. La Coupe du monde est dans un coin de la tête… Mais en arrière-plan. 

http://rmcsport.bfmtv.com/rugby/mathieu-babillot-l-equipe-de-france-m-a-booste-1418644.html

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.