Avant de s’envoler pour la Pologne, pour y disputer ce week-end le tournoi de qualification olympique (TQO), Earvin Ngapeth fait le point sur la préparation de l’équipe de France avant ce grand défi, qui précède l’Euro à domicile (12-29 sept.). Il estime que les Bleus sont prêts, et en confiance. Même si certains sujets ont le don de l’agacer…

Earvin, comment allez-vous, juste avant ce départ en Pologne ?
Ça va bien, tout le monde va bien. Sur un plan personnel, c’était un petit peu difficile au début, parce que j’ai eu beaucoup de vacances. Mais on a fait une bonne prépa, une grosse prépa, à Montpellier puis à Tours. Aujourd’hui, on est prêts. On a fait de bonnes oppositions contre les Américains à Tours (3-0), on a pris pas mal de confiance, on a eu de bonnes sensations.

A titre personnel, vous n’avez joué qu’un seul week-end de VNL (Volleyball Nations League, ex-Ligue Mondiale), à Cannes. Ce n’est pas souvent que vous avez droit à autant de repos sur un été international…
C’est clair que ça fait du bien. Pour certains, ça fait depuis 2010 qu’on n’arrête pas… En plus, en ce qui me concerne, j’ai eu un heureux évènement, j’ai eu un enfant. Déjà, pendant la saison, j’avais parlé avec le coach (Laurent Tillie, ndlr), et je lui avais dit que j’avais besoin de repos. C’était prévu que je ne commence pas la VNL, mais que je la termine. Finalement, après Cannes, les contractions sont arrivées plus vite que prévu… Ça a été dur de reprendre, après un mois et demi de break, mais c’était le deal. J’en ai « chié », comme on dit. Mais aujourd’hui je suis bien.

Vous sortez d’une saison en club qui n’a pas répondu à toutes vos attentes (il a perdu en finale du championnat russe et de la Ligue des champions avec le Zénith Kazan). Ça donne de la motivation pour briller avec les Bleus ?
Toujours ! C’est la première chose que j’ai dit après la finale de la Ligue des champions. Il y a d’autres objectifs qui arrivent tout de suite, il y a d’autres belles choses. Tu n’as pas le temps de cogiter. Il y a de belles choses qui arrivent, à commencer par ce TQO, puis ensuite l’Euro en France (12-29 septembre), notre Euro ! La saison, elle est derrière nous, c’est comme ça, c’est la vie, c’est le sport, tu gagnes ou tu perds. Il y a un bel été qui arrive, peut-être le plus important de notre carrière en équipe de France pour certains.

Aller chercher la qualification olympique en Pologne, sur le terrain des doubles champions du monde, c’est un sacré défi…
L’un des plus gros de notre carrière en Bleu, sans doute. On a une chance de se qualifier pour les Jeux. Il y en aura une autre en janvier (un tournoi de rattrapage pour les nations européennes, ndlr). Si on n’y arrive pas en Pologne (seul le premier du groupe se qualifie pour Tokyo, ndlr), il ne faut pas que ça nous plombe pour l’Euro en France derrière, qui sera très important pour nous, que ce soit sportivement ou médiatiquement. On n’aura pas droit de se rater.

Le format de qualification ne laisse pratiquement pas de place à l’erreur…
Se qualifier pour les Jeux Olympiques, pour les Européens, c’est très compliqué. A part le Brésil et les Etats-Unis, les meilleures équipes du monde sont en Europe. A chaque fois, c’est un combat. A Londres, on avait échoué. Pour Rio, on avait réussi in extremis. Là, on va essayer d’aller chercher cette qualif’.

A Rio, vous vous étiez qualifiés quelques mois avant seulement. Ça changerait beaucoup de se qualifier dès cet été ?
Ça changerait tout. A Rio, on s’était préparé physiquement pour le TQO qu’on avait eu au Japon juste avant. Quand on était arrivés à Rio, on était « éclatés au sol », on était morts ! Si tu te qualifies un an avant, ça change tout, au niveau de la préparation, au niveau mental aussi. Pendant la saison, tu peux penser à ton club, sans avoir la tête au TQO de janvier où il faut aller se qualifier…

« La FIVB, ça devient vraiment du n’importe quoi »

La Pologne a récupéré un certain Wilfredo Leon, le Cubain naturalisé…
Ça va changer leur système de jeu. Il y aura peut-être quelque chose qui sera moins là, techniquement, mais qui va être compensé par le côté physique de ce joueur. Mais il ne faut pas qu’on fasse une fixation sur Leon. Il y a du monde autour. Ils ont été deux fois champions du monde sans lui. Nous, il va falloir et qu’on les fasse déjouer, qu’on soit sereins, sans oublier qu’il y a un gros morceau avant qui est la Slovénie. En 2015, ils sont vice-champions d’Europe avec exactement la même équipe. C’est un gros morceau, mais on est prêts dans les têtes, on est confiants, on n’a pas peur.

Les Polonais, en tant qu’organisateurs, vous ont concocté un petit calendrier sympathique…
Fair-play ! (Ironique)

Ça vous motive ?
C’est clair. Vous avez vu le calendrier des matches (*), nous on voit aussi le calendrier des entraînements. C’est super cool ce qu’ils nous ont fait, ils nous ont mis des entraînements tous les soirs, de 20h30 à 22 heures…

Vous n’avez pas d’autres créneaux ?
Non, et de toute façon on a dit qu’on n’allait même pas demander à changer. C’est eux qui proposent le calendrier, et la FIVB valide. (il soupire) On ne se plaint pas, on est au-dessus de ça, mais la FIVB ça devient vraiment du n’importe quoi. On ne va pas se plaindre, on va faire notre boulot, et ça va nous donner encore plus de motivation pour les taper. Mais quand tu vois que la FIVB autorise des naturalisations à tout va, dans les grosses nations, dans les nations qui ont du pognon, quand tu vois que ces nations, qui ont du pognon, organisent des matches à 21h puis le lendemain à 15h, et que la FIVB accepte ça, c’est bien qu’il y a un problème. Après tu nous dis de jouer à 21h puis le lendemain à 15h, on va y aller, on n’en a rien à foutre.

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(*) Les Bleus entrent dans ce TQO vendredi à 20h30 contre la Slovénie, l’adversaire le plus coté après la Pologne ; ils enchaînent dès 15h le samedi contre les Polonais, puis le dimanche à 12h contre la Tunisie.

http://www.sports.fr/volley/articles/volley-ngapeth-on-est-confiants-on-n-a-pas-peur-2544305/

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