La Transat Jacques Vabre se déroule tous les deux ans, pour un Vendée Globe tous les quatre ans… De fait, l’édition qui précède le Vendée Globe revêt une importance toute particulière. Et le premier bilan de cette 14e édition de la Route du café est positif pour Francis Le Goff, directeur adjoint de la course. « C’est une flotte très homogène et aboutie qui est prête à attaquer le Vendée Globe, confie-t-il à RMC Sport. A part des faits de course pour 3 d’entre eux, 27 bateaux devraient être à l’arrivée (tous ne sont pas encore arrivés au Brésil, ndlr). La technologie des foils semble être maîtrisée, il y a moins d’inconnue. Il y a quatre ans par exemple, il y avait eu beaucoup de casse. »

Le rendez vous Transat Jacques Vabre est essentiel pour tous les skippers qui ont le tour du monde en ligne de mire. A l’image de Kévin Escoffier sur PRB (2e de la course) qui a pris en main son bateau il y a quelques mois seulement, au début du mois d’août, et pour qui chaque kilomètre parcouru compte.

« Abandonner sur la Jacques Vabre, c’est double peine »

« Cette course m’a vraiment donné de la confiance dans le bateau. C’est un bilan très positif aussi parce qu’on a réussi à finir, encore plus avec la manière… C’est vrai qu’abandonner sur la Transat Jacques Vabre à un an du Vendée Globe, c’est double voir triple peine. Non seulement on perd de la confiance, on acquiert pas de miles sur le bateau, donc on ne le découvre pas et surtout on ne fait pas le retour en solitaire. » 

Effectivement, la plupart de ces IMOCA vont désormais faire le chemin inverse. Retour vers la France car ce trajet correspond au dernier tronçon du Vendée Globe avec le passage de la Manche, du Golf de Gascogne ou encore du Pot-au-noir. Une répétition générale avant le jour J. Mais pas que. Pour le skipper de PRB il s’agit aussi de vivre seul à bord.

« C’est important pour moi en particulier parce que j’ai fait très peu de solitaire (Kévin Escoffier a longtemps été un équipier de luxe avec des résultats sur le trophée Jules-Verne (tour du monde en équipage en Multicoque) ou sur la Volvo Ocean Races (tour du monde en équipage en Monocoque)), c’est le manque que je peux avoir, donc ce retour fait partie intégrante de ma préparation pour prendre de l’expérience. »

Le trajet retour est aussi capital

Ce retour vers la France est aussi essentiel pour les bateaux neufs, mis à l’eau il y a quelques mois seulement. Comme pour le vainqueur Charlie Dalin sur Apivia. « Le bateau commence à être fiabilisé, se réjouit-il. On ne manœuvre pas un voilier de cette taille en solitaire de la même manière qu’en double et donc après cette transat, c’est le bon moment pour ramener ce bateau seul tout en continuant à pouvoir l’appréhender pour enrichir les modifications qu’on va lui apporter cet hiver pour qu’il soit prêt pour le Vendée Globe. » D’autres skippers, vieux loups de mer, comme Jean Le Cam par exemple, qui connait sur le bout des doigts son monocoque (c’est avec ce même bateau qu’il a participé au Vendée Globe 2016) a choisi de le faire rentrer par cargo.

Sur le plan sportif, quels enseignements tirer?

Les trois bateaux qui ont terminé sur le podium de cette Transat Jacques Vabre (Apivia, PRB et Charal) sont tous des bateaux avec foils, ces grandes moustaches fixées sur chaque côté du bateau et qui lui donnent beaucoup de vitesse. Pour Jacques Guyader, spécialiste voile pour Ouest France, le fossé semble établi entre ceux qui en ont et les bateaux plus anciens. « C’est presque une lapalissade, mais ça me semble évident qu’on ne peut pas gagner le Vendée Globe sans un bateau à foils, bien sûr il y a des bons bateaux à dérive, mais nous sommes entrés dans une génération de bateaux à foils et cette course l’a confirmé. Je pense d’ailleurs que le Vendée Globe sera une course avec plusieurs divisions où il y aura de plus en plus d’écart entre le premier et le dernier. »

Des impressions confirmées par Francis Le Goff, même si, il est difficile d’établir une liste réduite de favoris. « Il n’y a plus, comme par le passé, deux ou trois favoris, explique-t-il. Il faudra compter sur les dix premiers de cette Transat Jacques Vabre. Apivia a montré une très belle fiabilité après trois mois seulement de navigation. Charal semble le bateau le plus abouti avec un skipper, Jérémy Beyou, qui a beaucoup d’expérience de son monocoque mais aussi du Vendée Globe. Sébastien Simon, sur Arkéa Paprec, est aussi un compétiteur. Il ne supporte pas l’échec, on imagine que déjà sur cette fin de transat, il pensait aux modifications qu’il faudra apporter. Voilà quelques noms parmi tous les autres bateaux à foils, y compris les foileurs de milieu de génération, comme PRB, qui pourraient aussi tirer leur épingle du jeu si les conditions climatiques sont difficiles. »

Thomson, le grand perdant

Un homme est le grand perdant de cette 14e édition de la Route du café, il s’agit d’Alex Thomson. L’Anglais sur son tout neuf bolide Hugo Boss a dû abandonner quelques jours après le départ du Havre en raison d’une avarie de quille en touchant un objet flottant non identifié. Pas de miles au compteur et surtout des réparations qui lui feront perdre beaucoup du temps dans la dernière ligne droite avant son Tour du Monde.

Pendant l’hiver, tous les IMOCA partiront quelques mois en chantier, histoire de se refaire une santé et une beauté avant le grand départ de la 9ème édition du Vendée Globe fixé au 8 novembre 2020. Ils sont actuellement 37 inscrits, 34 seulement seront sur la ligne de départ aux Sables-d’Olonne.

https://rmcsport.bfmtv.com/voile/pourquoi-la-transat-jacques-vabre-etait-cruciale-a-un-an-du-vendee-globe-1804356.html

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