Jamais quatre sans cinq… Déjà programmé puis annulé à quatre reprises, le très attendu combat entre Khabib Nurmagomedov et Tony Ferguson va sauf miracle pour les fans passer une nouvelle fois à l’as. Prévu le 18 avril à Brooklyn, où il ne peut plus avoir lieu, le choc pour la ceinture des légers de l’UFC entre l’invaincu champion russe et son dangereux rival américain ne paraît pas être en mesure de résister à la crise sanitaire du coronavirus malgré la volonté de l’UFC de le maintenir. Après avoir quitté son camp de base chez AKA en Californie pour rejoindre son Daghestan natal via un passage par les Emirats arabes unis, où il pensait que le combat aurait lieu selon des informations que lui aurait transmises l’UFC, Khabib se retrouve coincé en Russie par la fermeture des frontières. Qui empêcherait également Ferguson de la rejoindre là-bas si l’UFC souhaitait se rabattre sur terre russe, sauf autorisations spéciales accordées par le gouvernement (on sait Vladimir Poutine fan de Khabib). 

« Chaque fois qu’on planifie quelque chose, ça tombe à l’eau »

Une situation qui n’empêche pas l’organisation américaine de continuer à vouloir monter un show pour la date prévue. « On m’a dit qu’ils cherchaient à à l’organiser avec ou sans moi », a expliqué Nurmagomedov il y a quelques heures dans un chat live sur Instagram. Consciente de la situation, l’UFC n’a pas tardé à trouver une alternative. Selon le bien informé Ariel Helwani, alors que l’idée d’un choc Kamaru Usman-Jorge Masvidal pour le titre des welters a été « brièvement considéré » en nouveau combat principal, l’UFC a proposé à un Ferguson frustré – il a accusé sur Twitter son rival de « se cacher en Russie » et de « se servir de l’interdiction de voyager comme excuse »: « On t’a proposé plusieurs endroits, à toi de nous en proposer un » – de remplacer Khabib par Justin Gaethje, combattant américain récemment en pourparlers pour affronter Conor McGregor et quatrième du ranking de la catégorie. Qui a vite donné son aval via un texto au journaliste du network ESPN: « Je combattrai s’ils m’appellent. Je suis toujours prêt pour une folie. » Un choix qui ferait suite à la volonté de Dana White, président exécutif de l’UFC, de monter une carte sur le sol américain avec des combattants locaux vu les restrictions de voyages à travers le monde. 

Si l’UFC aurait en effet promis à Khabib (selon lui) que l’UFC 249 n’aurait pas lieu aux Etats-Unis mais de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui l’a poussé à quitter la Californie, White et ses troupes semblent avoir changé leur fusil d’épaule vu le développement de la crise. Très critiqué pour sa farouche volonté de vouloir organiser cet événement malgré la pandémie, dans les médias mais aussi dans le milieu avec par exemple un Joe Rogan (commentateur star de l’UFC) qui a déjà annoncé qu’il ne serait pas derrière le micro, le patron de l’organisation de combats de MMA n’en démord pas, difficultés ou pas, combattants qui ne peuvent pas s’entraîner dans des conditions optimales ou pas, comme il l’a expliqué dans un chat live avec Mike Tyson: « Chaque jour je travaille sur ce truc et j’ai un obstacle en plus devant moi. Chaque fois qu’on planifie quelque chose, ça tombe à l’eau. On doit recommencer, encore et encore. »

Pas pour l’argent mais pour « ramener un peu de normalité »

Mais pourquoi s’acharner? Avec Khabib-Ferguson, que le milieu rêve de voir depuis si longtemps, on comprenait l’idée de tenter tout son possible pour enfin voir ce combat « maudit » avoir lieu. Mais sans lui… White, proche du président américain Donald Trump, écarte l’idée, répandue chez ses critiques, que l’UFC ferait ça pour l’argent et explique qu’il cherche à « ramener un peu de normalité » et de distraction en ces temps moroses après avoir organisé un événement à huis clos au Brésil puis reporté les trois suivants. « Il va réussir car quand il a quelque chose en tête, il y arrive », pense Daniel Cormier, ancien champion des lourds et des lourds-légers. Mais où peut-il l’organiser? Il y a quelques jours, il annonçait dans un chat live Instagram avec le journaliste Kevin Iole savoir où l’événement aurait lieu, « sans aucun fan et dans un endroit confiné ». Avec Mike Tyson, il évoquait ensuite « quatre ou cinq lieux possibles » et un « accord bientôt trouvé » avant de voir « qui peut venir combattre pour monter la carte ». Bref, encore aucune réponse claire. Mais le sentiment d’un White qui en fait presque une affaire personnelle pour ne pas revenir sur la promesse balancée à tous les micros.

Seule certitude: celui qui annonce contre toute logique vouloir poursuivre le programme post-UFC 249, n’obligera aucun combattant à monter dans l’Octogone contre sa volonté. « Dana White m’a dit qu’ils n’avaient pas à combattre s’ils n’en avaient pas envie, a confié Ali Abdelaziz, manager (entre autres) de Khabib et Gaethje, au site MMA Fighting. (…) Mais si l’UFC et Dana veulent prendre ce risque, mettre leur réputation et leur argent en jeu et potentiellement se faire attaquer s’il y a un problème, et que les combattants veulent bien y aller, je ne pense pas que quelqu’un ait le droit de leur dire de ne pas le faire. J’ai confiance en eux pour prendre les mesures nécessaires et monter un événement sécurisé. » La Floride, qui avait accueilli la soirée de MMA Combat Night Pro 18 le samedi 21 mars à Jacksonville, faisait office de favorite pour accueillir l’UFC 249 il y a quelques jours. Mais les dernières évolutions de la crise dans cet Etat font penser que cette solution est tombée à l’eau. 

Test de dépistage facilité pour Ngannou

Les bookmakers rangeaient ensuite des pays étrangers parmi les autres favoris. Mais si l’UFC veut prendre le moins de risques possibles, il va falloir trouver un autre candidat américain. Pas facile vu l’évolution constante de la pandémie. Il faudra également suivre des mesures très strictes, White refusant pour l’instant de dévoiler aux « médias qui transmettent la peur » le protocole qu’il compte mettre en place pour assurer la sécurité sanitaire de tous ceux impliqués dans l’événement. Le poids lourds camerounais Francis Ngannou a ainsi reconnu à Submission Radio avoir été testé pour le coronavirus dans la perspective de l’inclure à la soirée contre Jairzinho Rozenstruik. Si White n’en dit pas plus, Ngannou pense qu’il en sera bien sûr de même pour tout combattant prévu sur la carte.

Pour le reste, il n’ira pas chercher l’inspiration très loin avec l’événement Submission Undergrond 12 diffusé en direct sur le Fight Pass (service de vidéo en streaming par abonnement de l’UFC)… ce dimanche depuis un ancien silo à grains reconverti dans l’Oregon: aucun fan présent, un seul opérateur de caméras dans la salle, le commentateur (et organisateur, Chael Sonnen) à l’extérieur de la salle et les hommes de coin de chaque combattant aussi, des combattants  obligés de porter des tenus spéciales (notamment avec manches longues) et une cage désinfectée entre chaque combat. En attendant d’en savoir plus, White n’hésite pas à fustiger ses critiques et le rôle des médias dans la gestion de la pandémie. « Tout le monde court et se cache, a-t-il lancé à Mike Tyson. Je suis plutôt le genre de gars qui tente de trouver des solutions. Comment on s’en sort? Comment on bat ce truc? Je pense que les médias ont provoqué la peur autour de ce truc. Les gens achètent tout le papier toilettes. C’est à cause de la peur. (…) Je pense que dans un ou dans ans, on se dira: ‘Bordel, on a éteint le monde pour ça’. » On comprend mieux pourquoi le patron de l’UFC tient tant à son 249. Presque une question idéologique.

https://rmcsport.bfmtv.com/boxe/gaethje-propose-pour-remplacer-khabib-pourquoi-l-ufc-ne-lache-pas-l-affaire-malgre-le-coronavirus-1884897.html

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.