Imaginez-vous la scène. Dégoulinant de sueur après avoir asséné des crochets et encaissé une salve d’uppercuts, vous devez garder votre lucidité pour défier votre adversaire sur un tout autre terrain de jeu. Une partie d’échecs vous attend. Toujours sur le ring. Si vous tenez le coup, il vous faudra ensuite remettre les gants et éviter de vaciller. Puis vous reconcentrer sur les échecs. Et ainsi de suite. Avec au milieu un arbitre qui compte les poin(g)ts. Bienvenue au chessboxing.

Sport hybride né de l’imaginaire du dessinateur serbe Enki Bilal en 1992 et transposé dans la réalité dix ans plus tard par l’artiste néerlandais Iepe Rubingh, il sollicite le corps et l’esprit. Avec des règles aussi simples que déconcertantes: deux athlètes s’affrontent successivement aux échecs (« chess » en anglais) puis à la boxe anglaise.

« Tout peut basculer sur un coup »

Au total, onze rounds de trois minutes sont au programme (six rounds d’échecs et cinq de boxe). Les échecs se jouent en « blitz », autrement dit dans un temps donné. Une partie se gagne par échec et mat, KO, sur abandon, par décision de l’arbitre ou au temps. Concentration, discernement et endurance sont les ingrédients nécessaires pour briller dans cette discipline qui mêle à la fois performance physique et maîtrise cérébrale. Avec l’objectif de dépasser ses limites. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la différence se fait plus souvent aux échecs qu’en boxe. La moindre erreur devant le damier noir et blanc peut être fatale.

Des pratiquants de chessboxing AFP – Des pratiquants de chessboxing

« Il faut s’adapter. Si mon adversaire est un grand maître aux échecs, je vais avoir tendance à temporiser avec des positions fermées, avant de chercher le KO en boxe. Si c’est l’inverse, je vais me montrer hyper agressif sur l’échiquier. Mais tout peut basculer sur un coup. Il faut rester concentré et ne pas se laisser déstabiliser par le sang, la douleur et la foule », témoigne Thomas Cazeneuve, devenu champion du monde de chessboxing en 2017 et qui compte bien récupérer son titre en décembre prochain.

En attendant, il sera présent ce samedi au Cabaret Sauvage, une salle de spectacle située dans le 19e arrondissement de Paris, qui va accueillir une série de combats officiels.

Un espoir olympique

Avec son cousin Guillaume Salençon, organisateur de spectacles, Thomas Cazeneuve a joué un rôle majeur dans le développement de la discipline dans l’Hexagone. « C’est un sport qui n’est parfois pas pris au sérieux, alors qu’il y a un véritable engagement et une atmosphère incroyable », assure-t-il. Aujourd’hui, onze fédérations de chessboxing et 3.500 athlètes sont recensés à travers le monde. Pour les prochains Mondiaux, la fédération française, qui vient de se lancer, devrait envoyer une vingtaine de combattants.

« Le 9 novembre, c’est la première pierre. Les championnats du monde, c’est ce qui nous excite. On va voir quel niveau on a face aux Iraniens, Russes, Indiens, Finlandais. On va pouvoir se jauger », confirme Guillaume Salençon. Avec l’espoir, ensuite, de voir le chessboxing être reconnu comme discipline olympique à l’horizon 2028.

https://rmcsport.bfmtv.com/boxe/qu-est-ce-que-le-chessboxing-ce-drole-de-sport-qui-mele-echecs-et-boxe-1802342.html

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