Ce Masters, c’est la plus grosse compétition de l’année, hormis les championnats du monde. Il y a presque tous vos plus grands adversaires. C’est le révélateur parfait pour savoir où vous en êtes?

Oui, bien sûr. C’est une belle étape pour moi, car cela fait un petit moment que je m’entraine et que je bosse tous les aspects. Cela va me permettre de me jauger, d’une, et de savoir où je me situe par rapport à cette catégorie internationale. Et puis savoir ce qui va me rester à travailler, pour enfin arriver sur ces Jeux olympiques et remporter cette médaille d’or qui est déjà là. Maintenant, c‘est à moi d’arriver fin prêt.

En plus vous avez l’air sacrément affûté, avec un régime haricots verts-poulet!

Franchement, j’ai l’impression de rajeunir. J’ai vraiment bossé tous les aspects, que cela soit mental, physique, technique, judo, nutrition. Le haut niveau, je crois que c’est ça. J’ai parfois peut-être oublié par le passé ces petites choses, ce qui a fait qu’il y a eu ces défaites. Aujourd’hui, j’ai remis tout à zéro et j’ai vraiment bossé sur tous les aspects et c’est ce que cela donne. Je suis à 139 kilos aujourd’hui, je suis très content! Et cela me permet d’être plus rapide.

Maintenant, vous êtes dans de la construction. L’objectif reste les JO. Mais comme le calendrier est incertain, il faut quand même faire le plus de combats possibles?

Bien sûr, plus de combats et surtout aller chercher les meilleurs. Et sur le Masters, ce sont les 365 meilleurs. Il y a de quoi faire. Et puis le plus important est de savoir où j’en suis. Sur le tapis de l’INSEP depuis un mois, je tourne avec deux lourds. Donc ce n’est pas évident de savoir où je me situe. Après, même s’il y a les -100kg et les -90, je leurs rends quand même 39 kilos dans la vue. Ce n’est pas évident pour s’exprimer ou montrer les crocs. 

Teddy, étiez-vous vexé d’avoir perdu à Paris contre le Japonais et peut-être pire, aux championnats de France par équipes contre Joseph Terhec? Est-ce que ça vous a poussé dans votre préparation? 

Une vexation, non. Mais je pense que personne n’aime perdre, surtout pas moi (rires). En tout cas, cela m’a permis de comprendre pourquoi ces choses sont arrivées, et pourquoi à ce moment-là. Surtout, ce qui est bien, c’est que cela soit arrivé avant les Jeux. Je préfère que tout m’arrive avant, qu’aux Jeux olympiques. À partir de là, il faut toujours faire un état des lieux, comprendre le pourquoi du comment et repartir à l’attaque. C’est ce que j’ai fait. Aujourd’hui, on en est à cinq jours du Masters pour pouvoir retrouver la victoire, retrouver les meilleurs, et surtout marquer son territoire, dire que je suis encore là. Et que cette médaille à Tokyo, je la veux. C’est aussi ça.

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Qu’est-ce que vous avez changé depuis ces défaites? 

J’ai tout changé, je crois. La préparation physique, je l’ai accentuée. On a travaillé plus précis. J’ai des nouveaux préparateurs physiques et des nouveaux nutritionnistes autour de moi. Techniquement on a changé des choses. Niveau judo, on a mis plus de thématiques et plus d’entraînements. Nutrition, on a tout repris à zéro. C’est ce qui donne des résultats comme ça sur ma physiologie. Et mentalement toujours axé sur le travail psy et neurologique. 

Croyez-vous que ces défaites ont mis l’espoir dans la tête de vos adversaires? 

Bien sûr! C’est sûr, c’est sûr! Quand on voit le gars qui gagnait depuis des années et qui enchaine deux défaites, on se dit: «Oula il y a une ouverture maintenant». C’est à moi de colmater la brèche. 

On est à six mois des JO. Avez-vous réduit vos obligations avec vos sponsors, et vos autres projets, pour avoir un emploi du temps vraiment judo?

J’ai plus axé sur mon judo, mes entraînements, mes compétitions et mon objectif d’être champion olympique. Le reste, c’est quand j’ai le temps. Quand je peux faire, je fais. Mais avant tout, la priorité est ma préparation pour ces Jeux olympiques. 

Sur votre niveau de judo actuel, payez-vous le fait de ne pas pouvoir faire de stage? D’habitude vous alliez partout pour prendre plein d’adversaires, beaucoup au Japon. Mais là, rester en France à cause du Covid-19, ça vous empêche de progresser?

Tout ce qui est en train de se passer met des freins dans la préparation et dans la recherche de l’optimisation du haut niveau, oui. Mais la vie est faite ainsi. À chaque chose qui nous arrive, il faut rebondir et trouver des solutions. Aujourd’hui, on a trouvé des solutions et on va encore en trouver pour pouvoir progresser, continuer à aller vers une bonne préparation et une optimisation. Pour l’instant, je n’ai pas fait venir de sparring, mais je vais me déplacer pour aller chercher la concurrence là où elle est. 

https://rmcsport.bfmtv.com/judo/riner-avant-le-masters-de-doha-montrer-que-je-suis-encore-la-2027691.html

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