Faut-il arrêter définitivement la saison? Comme d’autres sports l’ont déjà acté, le dernier en date étant le championnat belge de football, le rugby professionnel doit-il déjà annuler toutes ses rencontre d’ici cet été en raison de l’épidémie de coronavirus? Pour le moment, ce n’est pas le cas. Réunis mercredi soir, les présidents de Top 14 et Pro D2 ont choisi, pour l’heure, de ne pas tirer un trait sur leurs espoirs de reprise. Evidemment, ils sont de plus en plus sceptiques.

« Rejouer, cela veut dire quoi?, s’interroge un président sous couvert d’anonymat comme tous les autres. Les gens ne vont pas aller au stade. Ce sera à huis-clos avec une psychose autour de tout ça… » D’autant que personne ne connait la date de la fin du confinement. Ensuite, il faudra y ajouter quatre semaines d’entrainement et de réathlétisation, et une batterie de tests médicaux en tous genres, pour que les joueurs puissent alors reprendre. Les délais sont évidemment très serrés.

Sur le sujet, plusieurs sources nous ont indiqué que la situation était de plus en plus tendue en coulisses. « Il faut s’arrêter et attendre qu’il fasse meilleur », nous a affirmé un proche du dossier. A La Rochelle, on n’entend pas non plus s’exprimer publiquement. Le club maritime a préféré se faire entendre par courrier, intitulé « Les dix raisons d’arrêter » le championnat.

Courrier destiné à la base uniquement aux représentants des clubs, que RMC Sport s’est procuré jeudi matin, avec quelques phrases très fortes. « La santé des joueurs, des staffs et de leurs familles doit passer avant tout, peut-on lire. (…) L’argent ne doit pas motiver aveuglement des décisions à court terme au risque de discréditer notre sport et désagréger le socle de nos valeurs, respect et solidarité (écrit en majuscule). » Quatre thèmes y sont soulevés: « éthiquement, médicalement, économiquement sportivement ».

Un mail de La Rochelle envoyé aux autres clubs

Le mail, envoyé dans la journée de mercredi par les Rochelais, a rapidement fuité le lendemain chez les journalistes. A la grande colère du président Vincent Merling, qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations. La confidentialité des débats, voulue par le président de la LNR Paul Goze qui l’a d’ailleurs clairement signifié mercredi soir, n’a pas tenu longtemps. Plusieurs clubs de Top 14 et Pro D2 se sont mis sur la même ligne. D’autres, en revanche, ont fait part de leur courroux, le Racing 92 en particulier. L’UBB, Toulon et d’autres, eux aussi, rêvent encore d’organiser des phases finales en étant « moins pessimiste et défaitiste que La Rochelle », nous dit-on. La Ligue Nationale de Rugby aimerait également rejouer, notamment en raison des recettes liées aux phases finales. Pas question de prendre une décision trop hâtive.

« Le contexte est quand même compliqué pour une reprise du championnat, nous avouait mercredi midi le président de l’USAP François Rivière, deuxième de Pro D2 à un point de Colomiers. On veut tous y croire mais ça reste encore très incertain. Je le redis, je souhaite vraiment qu’il y ait deux montées de D2 vers le Top 14, possiblement devenu Top 16 je n’en sais rien. » Cela semble pourtant mal parti.

« Il y aura 30 clubs dans le rugby professionnel, donc il n’y aura pas de descente, mais si en théorie il n’y a pas de descente il n’y aura pas de montée, selon un homme fort d’une équipe de Top 14. Certains pensent à certains artifices avec des lots de consolation. (Il s’agit d’un système de bonus-malus en fonction du classement que nous évoquions hier.) Cela fera fermer la gueule à certains… Mais il n’y a pas trop de choix: il faudra garder 14 clubs en première division et 16 en deuxième. » Le consensus n’aura pas duré longtemps. Les jours à venir seront d’autant plus décisifs.

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/top-14-pro-d2-la-tension-monte-en-coulisses-1887322.html

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