Quand il a combattu pour la première fois en MMA, la France était championne du monde de foot depuis un peu plus d’un an. On ne parle pas de 2018, hein, mais bien de 1998. Plus de vingt ans après ses débuts, Alistair Overeem continue de faire parler la poudre avec ses poings, ses pieds et ses genoux. Avec une dernière quête dans le viseur du haut de ses quarante printemps: conquérir la ceinture des poids lourds de l’UFC, qui lui a toujours échappé jusque-là.

« Comme Dana White l’a dit, c’est un sport de jeunes hommes. Même si j’aime toujours ce sport et tout ce qui va avec, que j’aime encore m’entraîner, je dois aussi être réaliste: mon temps arrive à sa fin, reconnaît le Néerlandais né en Angleterre dans une vidéo publiée par l’UFC. Je veux faire ce dernier run car je crois que c’est ma destinée d’aller chercher ce titre UFC. L’heure est venue. »

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Si vous ne connaissez pas son nom, laissez-nous faire les présentations: Alistair Overeem est une légende du MMA. Et le mot n’est pas galvaudé. Soixante-six combats au compteur (47-18, 1 No Contest) et des titres en pagaille. Initié aux sports de combat à l’adolescence par son grand frère lui-même combattant professionnel Valentijn, qui l’a emmené dans la salle de coach Chris Dolman pour lui apprendre à se défendre (il détestait ça dans un premier temps), « The Demolition Man » a commencé sa carrière dans le kickboxing, en 1997, avant un premier combat pro en MMA en octobre 1999. Depuis, il a combattu partout ou presque, du mythique PRIDE au Japon – il voulait « suivre les pas » de Valentijn qui combattait là-bas quand lui avait « quinze-seize ans » – au mastodonte UFC en passant par Strikeforce ou DREAM.

La liste des combattants tombés sous ses coups se lit comme un who’s who de certains des plus grands noms de l’histoire: Fabricio Werdum, Vitor Belfort et Mark Hunt, tous les trois battus deux fois, mais aussi les anciens champions UFC Andrei Arlovski, Junior Dos Santos, Frank Mir et Brock Lesnar, l’homme qui l’avait « motivé à rejoindre l’UFC » en 2011. Il était la tête d’affiche de la première de l’UFC chez lui, aux Pays-Bas, en mai 2016, pour sa victoire sur Arlovski. Il a gagné des ceintures chez les lourds à Strikeforce et DREAM. Formé à l’école néerlandaise du muay-thaï, célèbre pour avoir façonné de nombreux grands champions de la discipline, il a aussi remporté le World Grand Prix du K-1 en 2010. 

Bagage complet

De quoi devenir l’un des deux seuls combattants de l’histoire à décrocher un titre mondial en MMA et en K-1 et le seul à avoir détenu trois ceintures simultanément dans ces disciplines (Strikeforce, DREAM et K-1). Le tout avec un bagage qui en fait l’un des poids lourds les plus complets de l’histoire, capable de finir les combats sur KO/TKO (25) ou soumission (17), ultra dangereux avec ses coups de genou/coups de pied au corps et ses poings mais aussi avec sa « guillotine » avec laquelle il avait battu tout le monde pour s’imposer dans sa catégorie au championnat d’Europe 2005 de « grappling soumission » ADCC.

Sur la route, il a bien sûr connu quelques carambolages, plusieurs défaites contre d’autres légendes (Chuck Liddell, Fabricio Werdum, Mauricio Rua deux fois et Antonio Rogerio Nogueira deux fois aussi) ou encore un KO resté dans la légende infligé par le surpuissant Francis Ngannou en décembre 2017, mais impossible de ne pas en vivre avec un tel parcours.

Il a tout fait, quoi, sauf une chose: devenir champion des lourds de l’UFC. Il a pourtant eu sa chance. En 2012, après sa victoire sur Lesnar, il doit affronter le champion Junior Dos Santos – qu’il battra trois ans plus tard – mais est contrôlé positif (ratio testostérone/épitestostérone à 14/1 contre une limite permise de 6/1) quelques semaines avant et doit dire adieu au combat. Avec trois défaites dans ses quatre combats suivants, la position de challenger s’éloigne mais une série de quatre succès ponctuée par Arlovski à Rotterdam lui donne le droit d’affronter le nouveau champion Stipe Miocic à l’UFC 203, en septembre 2016. Si le Néerlandais parvient à mettre l’Américain au sol grâce à sa gauche, Miocic se reprend vite et conclut l’affaire sur un KO dans la dernière minute du premier round. Sa chance est passée. 

« Pas vraiment de pression »

On ne lui en a pas donné d’autre depuis car il n’a jamais enchaîné plus de deux victoires. Mais cette fois, il veut y croire. Après deux succès sur Walt Harris et Augusto Sakai en mai et septembre 2020, chaque fois sur TKO, Overeem est remonté au cinquième rang du classement des lourds de l’UFC et peut enchaîner une troisième victoire de rang ce samedi soir face au Russe Alexander « Drago » Volkov, ancien champion du Bellator et du M-1 et sixième du même classement. Vu les oppositions à venir dans la catégorie ces prochaines semaines, avec Gane-Rozenstruik, Blaydes-Lewis et Miocic-Ngannou pour la ceinture, un tel succès le ferait monter dans le bon wagon. Cela ne garantirait pas un nouveau combat pour le titre, car il y a du monde au portillon (on n’oublie surtout pas Jon Jones qui monte chez les lourds), et lui-même avoue ne pas savoir combien d’autres victoires seraient nécessaires pour l’obtenir. Mais il en serait un peu plus proche. 

A l’inverse, une défaite mettrait fin à ce dernier rêve et pourrait le faire réfléchir à la retraite. Vous avez dit pression? En vieux sage du MMA, il préfère l’écarter. « Je prends du plaisir dans le combat et dans tout ce qu’il y a autour donc il n’y a pas vraiment de pression, a-t-il lancé ce jeudi en conférence de presse. Il y en a toujours un peu, bien sûr, mais je profite du moment car je sais qu’elle n’aide pas à améliorer la performance. On va combattre samedi et on verra ce qui se passe après. » L’intéressé le sait bien, le crépuscule de sa carrière approche: « J’ai déjà des moments où je regarde en arrière et je me demande comment j’ai pu faire tout ça. J’espère avoir fait sourire des gens, et leur avoir parfois fait couler une larme. Quand on regarde tout ça, ça a été une aventure folle. » Avec tout ce qu’il a fait, on adorerait la voir prendre fin sur un dernier combat pour une ceinture. Celle de l’UFC. Il l’aurait bien mérité. 

https://rmcsport.bfmtv.com/boxe/ufc-overeem-la-derniere-quete-d-une-vie-de-combats-2033412.html

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