S’il y a bien un effet direct à l’accord passé entre la Fédération française et la Ligue nationale de rugby sur le nombre de trois rencontres maximum par international cet automne, c’est celui d’avoir donné la chance à encore plus de joueurs de la génération des doubles champions du monde U20. Le public connaissait les Ntamack, Bamba, Gros ou Vincent, il a découvert certains de leurs coéquipiers de l’époque.

A ce jour, neuf éléments ont porté le maillot bleu de la « grande » équipe de France: en plus des précédents nommés, Kolingar, Geraci et Carbonnel ont vécu leur première « cape » la semaine dernière face à l’Italie, comme l’avaient fait le Lyonnais Pierre-Louis Barassi face aux Tonga au Japon l’an passé et le Bordelais Cameron Woki en février dernier.

Mais derrière cette mise en place dans la vitrine du rugby français, ils sont, en plus, beaucoup à avoir connu les coulisses de la préparation d’un match et d’un appel au sein d’une liste élargie, qu’elle soit de 42 ou 31 éléments depuis des mois: Donovan Taofifenua, Julien Delbouis, Matthis Lebel, Clément Laporte (appelé puis blessé cette semaine), Sacha Zégueur et Lucas Tauzin sont tous venus ces derniers temps humer l’air du très haut niveau à Marcoussis.

Et vous comprendrez que, petit à petit, les oisillons ont fait leur nid. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le sélectionneur Fabien Galthié n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit d’évoquer leur progression.

« Ils vont vite, très vite »

« Ce qui est incroyable c’est qu’on voit comment ces jeunes gens grandissent et absorbent tout ce qu’on partage ensemble. Ce sont des éponges. Ils sont bluffants de par leur capacité d’assimilation. Et c’est pour ça qu’ils sont avec nous car il faut aller vite. Et eux, ils vont vite. Très vite. » En plus de leur talent, ces gros potentiels alimentent le groupe de leur cohésion, leur vécu collectif.

« C’est toujours un plaisir de se retrouver, dit le 3e ligne de l’UBB Cameron Woki. De se voir, de se remémorer tous ces souvenirs. Parce que ça fait maintenant cinq ans qu’on se connait tous à peu près. On a tous joué en équipe de France jeune, et en moins de 16 ans. Et on a quelque chose qui nous lie forcément à ce titre. Après la coupe du monde on s’est dit qu’il fallait qu’on se retrouve tous ici. D’année en année, on en a de plus en plus donc oui, ça fait plaisir. »

Comme un pacte, pour passer le « gap » entre les catégories jeunes et se frotter au monde des adultes. Mais de là à voir fourmiller aussi vite cette classe biberon lors des semaines d’automne, ce n’était pas gagné d’avance. Un homme n’est pourtant pas étonné par cette prise de pouvoir: celui qui les a guidés vers le haut niveau, presque leur « père spirituel », leur ancien entraîneur Sébastien Piqueronies, devenu le manager de France jeunes.

« La totalité d’entre eux est capable déjà de belles prestations dans le Top 14, souligne-t-il. Je pense qu’ils sont en maturité pour se frotter à ce niveau-là, pour s’éprouver à ce niveau-là. Ils ont tous conscience de leur nécessité de développement, d’apprentissage et de perfectionnement, mais le projet mené par Fabien (Galthié) et Raphaël (Ibanez) d’exposer relativement tôt ces jeunes joueurs de talent, est un ultra bénéfice pour eux. »

Un apprentissage éclair, même quand le pire vous est prédit ce dimanche à Twickenham face aux Anglais (15h). D’être balayé par la tempête d’un quinze de la rose sans pitié, au vécu collectif et à la force brute certainement bien supérieure. « C’est une chance, une fabuleuse opportunité pour eux, ajoute Piqueronies. Une opportunité de continuer de grandir. Il y aura le moment du match qui sera forcément un apprentissage énorme, gigantesque, quel que soit le résultat. Et puis il y aura aussi dans un deuxième temps, le temps du débrief. Et pour ces jeunes joueurs là je crois que ce sera quoi qu’il en soit un déclic, de se confronter aux meilleurs. »

« Excessivement habités par un sentiment de gagner »

Car au sein de la Fédération, on ne doute pas du talent et de la réussite de ces champions du monde. « Il n’y a pas de hasard au plus haut niveau, selon le manager du XV de France Raphaël Ibanez. C’est le fruit du travail acharné de la formation menée par Sébastien Piqueronies et toutes ses équipes. Ce qui est très intéressant aussi c’est de voir qu’à travers les échanges qu’on a pu avoir avec les différentes équipes de France, c’est que les joueurs mettent l’équipe de France au centre de leur projet. »

Mais à moins de trois ans maintenant de la Coupe du monde en France, auront-ils leur mot à dire? Romain Ntamack, seul véritable titulaire indiscutable de cette génération actuellement, sera-t-il imité?

Piqueronies n’a pas l’air d’en douter: « Ce sont des garçons hautement déterminés. Ils ont du talent, mais la totalité d’entre eux sont excessivement habités par un sentiment de gagner. Et surtout à un mode de fonctionnement, habitués à se donner les moyens. L’objectif suprême serait de les accompagner sur le toit du monde. Je crois réellement qu’ils en sont capables. Evidemment que le but de tout ça est que la qualité des garçons fera qu’un jour, on l’espère, notre rugby français ramènera le fameux trophée dans notre Hexagone ».

https://rmcsport.bfmtv.com/rugby/xv-de-france-angleterre-les-champions-du-monde-u20-sont-devenus-grands-2014761.html

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